CHAPITRE VII
dans sa poche, ci n'ayant point de montre, hésite un instant s'il ôtera Ja ganse d'acier de son chapeau pour l'attacher à son gousset*; mais on pourrait reconnaître cette chaîne pour l'avoir vue sur sa lêle, il se contente d'un ru*ban rouge dont il ne laisse voir qu'un petit bout. Neuf heures sonnent enfin.
C'est le moment où l'on peut se présenter en bonne compagnie, une voiture l'attend, il monte et se fait conduire à l'adresse indiquée sur le billet. La voiture s'arrête dans une rue déserte, devant une maison d'assez pauvre apparence. Dubourg descend de son fiacre. Un laquais qui, à défaut de portier, semblait posté sur une porte bâtarde pour y guetter quelqu'un, s'empresse de conduire Dubourg en montant devant lui un escalier assez sale, au bas duquel on a mis deux lampions, qui semblent tout surpris de se trouver I '.Mais Dubourg repasse dans sa me-
moire Ja phrase qu'il a préparée pour son entrée chez la marquise, el il ne remarque point la malpropreté de la maison.
Le laquais ouvre une porte au premier. On entre clans une antichambre clans laquelle on chercherait en vain un meuble, et qui, quoique mal éclairée, laisse voir des murs tachés d'huile et un parquet crotté dont la couleur a disparu. Mais le valet se hàiede faire traverser cette pièce à Dubourg, et ouvrant une autre porte qui donne dans le salon, il annonce avec emphase :
M. le baron Potoski.
A ce nom , il se fait un grand mouvement dans le salon, et une dame se lève et s'empresse d'aller au-devant de Dubourg en lui témoignant tout le plaisir qu'elle a de le recevoir chez elle.
Dubourg répond tout ce qui lui vient à la tête ; il s'avance en saluant a droite , a gauche, et va se jeter dans une ber~