‹ Soeur Anne (volume 4)Chapitre 108 sur 246 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

plus ce qu'il fait 5 il jette dans le salon les dés et les cornets; on lui propose un trenle-un. Il accepte : c'est pour le rachever ; en moins d'une demi-heure le restant de sa caisse y passe.

Dubourg se tâte... il fouille dans ses poches... dans ses goussets... Il n'a plus rien... il a tout perdu... et cet argent n'était pas le sien. Il ne parle plus... il se promène pendant quelques momens pâle, défait, se mordant les lèvres , se serrant les poings, et lâchant de temps à autre quelques jurons. Les bougies du lustre commencent à s'éteindre; las comtes et les chevaliers chuchotteut entre eux , et semblent embarrassés ; la marquise est dans un coin , elle ne croit pas le moment favorable pour aller marcher sur le pied de M. de Potoski.

Enfin Dubourg, sortant de son abattement , paraît avoir pris son parti. îi va chercher son chapeau qu'il a placé

sons un fauteuil; il sort du salon , dont il referme la porte avec violence, et , traversant l'antichambre , où quatre grands gaillards, dont un seul est en livrée, sont occupés à boire, il ouvre la porte du carré et descend lJescalier. Il n'est qu'à moitié chemin , lorsqu'en voulant mettre son chapeau sur sa tête, il s'aperçoit qu'il ne lient qu'un mauvais claque , sans ganse et sans coiffe , qu'on a mis à la place de son beau chapeau à plumet.

« Ah ! pour le coup c'est trop fort, » dit Dubourg en remontant l'escalier , « non contens de m 'avoir escroqué «mon argent, ils veulent encore me » voler mon chapeau !. .. . Ah ! messieurs «les comtes et les chevaliers, nous âl- » Ions voir cela. »

Dubourg sonne avec violence : on ne vient pas. Il sonne de nouveau et cogne contre la porte avec ses pieds et se* -nains ; on lui ouvre enfin.

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