‹ Soeur Anne (volume 4)Chapitre 113 sur 246 · CHAPITRE VIII. 22g · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII. 22g

mis son mouchoir en marmotte par dessus , et il donne à sa figure une expression tellement piteuse, qu'on croirait, en le voyant, qu'il souffre et languit depuis trois mois sur son lit.

Ménard s'arrête au milieu delà chambre et porte à son nez un flacon de vinaigre des quatre-voleurs , en disant bas à Frédéric : « Ah ! mon Dieu ! . . . . » comme il est déjà changé. »

» Qu'as-tu donc, mon pauvre Du- » bourg ? » dit Frédéric en s'approchaut du lit et en prenant la main du malade, qui a employé tous les moyens connus pour se donner la lièvre.

« Hélas!... mon cher ami... je me » sens bien mal... — Comment ce mal » est-il venu ? • — Ah !... c'est un événe- » ment... c'est la suite d'une aventure » terrible... c'est la révolution que cela » m'a causée !.... — Avant tout il faut » voir un médecin. — Je cours en chern cher un , ainsi qu'un apothicaire,»

23o SGLLÎl ANNE.

dit Ménard qui est pressé de sortir pour prendre l'air. « Non , non , mon cher » M. Ménard, » répond Dubourg d'une voix faible, « je n'aime pas les mé- » decins... nous avons tout le temps.... » Hippocrate lui-même a dit : Vita » brevis , ars longa , eocperientia fal- »/aa:!... — Oui, M. le baron; mais » plus loin Hippocrate dit aussi.... — » Ah ! de grâce, laissez- là Hippocrate,» s'écrie Frédéric, qui croit lire dans les yeux de Dubourg qu'il n'est pas aussi malade qu'il veut le paraître, a et puis- » que tu ne veux pas de médecin , ap- » prends-nous au moins la cause de. la

» maladie et celte aventure terrible

» — Oui, « dit Ménard, en ayant soin de s'asseoir assez loin du lit pour respirer l'air de la porte. « Sachons si cela » peut devenir contagieux. »

Dubourg se met sur son séant , il lève les veux au ciel , pousse quelques gémissemens plaintifs , enfonce encore

Page 1