CHAPITRE VIII. 2ÙI
son bonne* de coton sur ses yeux , et commence son récit du toi* le plus lamentable.
« Le respectable M. Me'nard a dû te )) dire , mon cher comte 3 que j'avais » reçu hier une lettre d'invitation d'une » des premières maisons de cette ville... » C'est du moins ce que mon hôtesse » m'a assuré, et certes sans cela !...
» On me Ta dit... Après, explique- » toi donc,» dit Frédéric, impatienté des détours que prend Dubourg avant d'arriver au fait.
« Doucement! mon cher Frédé-
» rie , je ne suis pas en état d'aller si » vite. Je partis donc en fiacre , hier au » soir , après avoir fait une toilette assez
» soignée — Oui , j'ai vu que lu as
» pris un de mes habits.... — Tu sais » bien que j'ai perdu ma garde-robe
•> avec ma berline — Après —
» Je ne sais par quelle fatalité, il s'est » trouvé que j'avais justement dans
» la poche de ton habit , le porte-feuille » renfermant notre fortune
» Aye , cela va mal , » dit tout bas Frédéric , tandis que Ménard , plus inquiet, commence à rapprocher sa chaise.
a Eh bien , achève donc —
» Eh bien , M. le baron?... — Eh bien, » mes nobles et chers amis , en sortant » du cercle brillant où j'étais resté un
» peu tard , à la vérité, je n'ai pas
» trouvé de voiture ;... j'étais seul dans
» une rue que je ne connaissais
» pas Tout-à-coup quatre brigands
» fondent sur moi.... Hélas, je n'avais » pas d'armes !... Je nie défends comme
» un lion ! Mais c'est en vain! Ils
» me battent, me roulent, me jettent
» à terre, et, ce qu'il y a de pis, me"*-
» volent tout ce que j'avais sur moi....
» Ah ! mon Dieu ! Et vous aviez
» notre caisse ! s écrie Ménard. — Je l'a- » vais ! — Et vos quinze mille francs... 3) — Tout !.... tout , vous dis-je 11