CHAPITRE VIII
» missent lui faire grand bien. Il me » charge de vous offrir ses très-respec- » tueux hommages. »
Ménard signe celte lettre, à laquelle Dubourg voudrait que Frédéric ajoutât quelques mots bien tendres. Mais Frédéric n'a jamais menti à son père, et il préfère ne rien lui écrire plutôt qne de chercher à lui en imposer.
La lettre est mise à la poste, et il faut en attendre la réponse. Heureusement leur hôte ne paraît nullement inquiet. Il a d'ailleurs une chaise et des chevaux, ce qui, au besoin, serait plus que suffisant pour le payer j cela rassure Frédéric qui engage cependant ses compagnons à faire moins de dépense pour leur table ', mais Dubourg n'est pas de cet avis, il pense au contraire que cela pourrait donner des soupçons sur leur situation, et Ménard est encore de l'opinion de M. le baron.
Frédéric reprend ses promenades :
mais Dubourg ne reprend plus les siennes avec Ménard ; il ne se soucie pas, après avoir étalé sa tournure élégante et fait le palatin dans les rues de Lyon, de s'y montrer maintenant en claque et avec une figure longue; il est persuadé que l'on devinerait qu'il n'a plus le sou. Il y a tant de gens qui ne doivent leur assurance et leur suffisance qu'à l'or qu'ils ont dans leur poche, et qui seul leur donne de l'aplomb dans le monde.
Dubourg passe ses journées à philosopher avec Ménardqui n'est pas philosophe, mais qui écoute le baron qu'il croit fort savant , et dont pourtant il n'est plus aussi ravi d'être le compagnon de voyage, parce qu'il récapitule leurs aventures, depuis que lepalatin les a jetés dans un fossé avec sa berline, et s'aperçoit que M. de Potoski porte avec lui un certain guignon dont ils ressentent déjà les effets.