‹ Soeur Anne (volume 4)Chapitre 121 sur 246 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

» convient à un caissier. — C'est dom- » mage , se dit tout bas Ménard , » nous vivions si noblement, quand » M. le baron payait ! »

Tous les arraugemens terminés , on solde le compte de l'hôte. Pour trois semaines passées dans l'hôtel , il se monte à huit cent cinquante francs , ce qui écorne déjà beaucoup l'envoi du comte ; mais pendant ce temps on a été logé et nourri en seigneur. Dubourg n'éprouve que le regret de ne pouvoir continuer à faire la même dépense j Ménard soupire en songeant aux excellens repas qu'ils ont faits, et Frédéric dit tout bas à Dubourg : « Mon ami , » en allant aussi vite , nous n'aurions » pas clé bien loin. »

On a vendu les chevaux de M. le comte ; on s'arrange avec un conducteur pour s'éloigner de Lyon. « Voilà deux » haltes qui vous coûtent cher, monsieur » le baron,» dit Ménard; « une berline

» el cinquante mille francs la première i» fois !.*... quiuze mille francs la se- »conde!.... on ne pourrait pas voyager » long-temps à ce prix là !... — Main- » tenant je suis tranquille , monsieur » Ménard , je défie bien qu'on me vole: » Socraie trouvait sa maison assez » grande pour y recevoir des amis; » moi , je trouverai ma bourse assez d pleine tant que Frédéric paiera pour » moi. »

M. Ménard ne répond rien à cela :

la comparaison ne lui semble pas heureuse.

Au lieu de suivre la route de Turin, Frédéric fait prendre celle de Grenoble; il veut visiter cette ville et ses environs; il veut surtout admirer cette Chartreuse dont l'aspect sauvage étonne et frappe le voyageur. Dubourg n'est pas pressé d'arriver en Italie, peu lui importe de quel côté on se dirigera. D'ailleurs, depuis sa dernière équipée, il ne se per-

Page 1