‹ Soeur Anne (volume 4)Chapitre 131 sur 246 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

» mour. Pauvre petite... ah, je saurai » pourquoi tu ne te mêles pas aux jeux » de tes compagnes. »

Les danses sont animées j les villageois se livrent avec ardeur au plaisir ; les figures peignent la joie , le bonheur. Les chants des buveurs se mêlent au son de la musette et du tambourin. Les jeunes gens pressent en dansant la main de celle qu'ils courtisent ; les fillettes sourient à leurs amans 5 les mamans à leurs petits marmots et les vieillards à leur bouteille. Chacun sourit à ce qu'il aime , comme pour le remercier du bonheur qu'il lui procure.

Ménard , qui s'est assis entre deux intrépides buveurs , écoute fort tranquillement les histoires du pays, tout en mangeant une salade et en choquant avec ses voisins ; car au village , la fierté disparaît , et Ménard n'en montre jamais mal à propos, c'est-à-dire qu'il sait la soumettre à son appétit.

O SOEDR ANNE.

Dubourg , oubliant ses titres de noblesse, est aile' se mêler à la danse. Il saute avec une jolie brune , aux yeux vifs , au nez retroussé et à la jambe très-fine. La paysanne danse avec le beau Monsieur , sans que cela l'intimide ; elle n'en saute pas inoins , et c'est elle au contraire qui répète sans cesse à son danseur : « Allez donc , » vous n'allez pas. » Dubourg fait ses petits pas de Paris , si goûtés dans les salons 5 mais au village on trouve que cela n'est que marcher. Et la jolie brune lui dit à chaque instant: « Voulez-vous » beu danser mieux que çà!... qu'est-ce » que c'est donc que c'te danse-là ! . . . » Ah ! faut sauter , ou j'vas prendre un » autre danseur. »

Dubourg , qui ne veut pas qu'elle prenne d'autre danseur, fait alors un télégraphe de ses bras et de ses jambes , et se donne un mouvement continuel.

Ménard , qui de sa table l'aperçoit se

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