CHAPITRE I
démener , dit à ses voisins : « Voilà » M. le baron qui danse une polonaise » avec vos jeunes filles!... Regardez , » mes enfans , voilà comme ou danse »à Cracovie... et sur les monts Kra- » paeh !... Que c'est noble !... que c'est » gracieux !... Comme il fait de jolis pas « perfas et nefasl. . . »
Les voisins de Ménard ouvrent de grands veux et ne comprennent rien à cela. Mais la danseuse de Dubourg est satisfaite, et celui-ci, qui la voit en bonne disposition , se permet de lui prendre un baiser ', mais on y riposte aussitôt par uu vigoureux soufflet; parce que les villageoises des environs de Grenoble ne ressemblent pas aux Gotons des environs de Paris.
Frédéric est devant la danse ; mais il ne remarque pas ce tableau animé qui est sous ses yeux. 11 se croit encore dans l'allée solitaire et voit la jeune fi!3e assise au bord du ruisseau.
ÎO SOEUR ANNE.
C'est Dubourg qui vient à lui. 11 a quitté sa danseuse , parce qu'il a va qu'il en serait pour ses sauts , ses ronds de jambe et ses grands écarts , et que les tapes que la paysanne lui a données en échange de ses petites libertés, ont calmé son ardeur pour la danse.
« D'où viens-tu donc , dit-il à Fré- » déric , tu nous quittes dans le plus » beau moment !... — Je viens de me » promener.... — Quel intrépide pro- » meneur tu Tais!... Mais je crois qu'il » est temps que nous allions promener » jusqu'à Grenoble , dont nous sommes » encore à quatre lieues. »
Ils rejoignent Ménard , qui fait compliment à Dubourg sur sa manière de danser. Frédéric se fait indiquer la route la plus courte, et un jeune villageois s'offre de leur servir de guide une partie du chemin; «mais Ménard ne paraît pas de force à pouvoir faire quatre lieues , et Dubourg lui-même semble