‹ Soeur Anne (volume 4)Chapitre 146 sur 246 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

sans. La jeune mueite l'a écoulé d'àbord avec surprise.... un sentiment inconnu la trouble.... elle veut retirer sa maiu... elle n'eu a pas la force... Frédéric ne parle plus et elle l'écoute

encore...

Mais bientôt l'idée de sa situation, de son malheur détruisent le charme qu'elle éprouvait. Elle jette sur Frédéric un triste regard, et reportant sur elle un regard plus amer encore, elle retire sa main, et, repoussant Frédéric, en secouant la tête avec chagrin, semble lui dire : « Non! vous ne pouvez

» pas m'aimer je suis trop maiheu-

» reuse. »

Frédéric la comprend : il presse de nouveau sa main sur son cœur, lui désigne sa cabane : « Avec vous, » lui dit-il, « je sens que je serais heureux » d'habiter dans ces bois! »

Dans ce moment, le son d'une petite clochette se fait entendre. Ce signal

4o SCEUR ANNE.

avertit Aune que la vieille Marguerite est levée. Elle se hâte de rassembler ses chèvres et se dispose à reprendre le chemin de la cabane.

a Reviendrez -vous? » lui dit Fréde'ric , a ah '. que je vous voie encore » aujourd'hui!.... »

Elle lui montre le soleil dont les rayons percent le feuillage, puis baisse la tête sur le revers de sa main.

«Quand le soleil se couchera... vous » irez au bord du ruisseau?... »

Sœur Anne lui fait signe que oui ; puis, poussant ses chèvres, elle regagne légèrement sa cabane. Mais avant d'y entrer elle tourne la tête, ses yeux se portent sur la place où elle a laissé Frédéric; elle lui sourit et disparaît. Ce sourire, ce regard transportent le jeune amant; déjà il n'est plus un étranger, un inconnu pour sœur Anne; celte idée l'enchante ! En amour il faut si peu de

chose pour rendre heureux!

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