‹ Soeur Anne (volume 4)Chapitre 147 sur 246 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Frédéric va prendre son cheval, mais retournera-t-il à Grenoble pour revenir le soir Non, il lui semble plus naturel de rester au village, d'y faire un léger repas, puis de revenir roder autour de la cabane , dont il a déjà tant de peine à s'éloigner. Peu lui importe ce que penserout et diront ses comparions. 11 faudra bien qu'ils s'accoutument à ses absences ; car Frédéric sent qu'il viendra souveut à Vizille, ou plutôt qu'il n'ira que rarement à Grenoble. C'est dans le bois qu'habile ce qu'il aime; sceur Anne est déjà tout pour lui; il ne songe plus à l'avenir, à son rang, aux projets de son père; il ne voit qu'elle , ne veut plus vivre que pour

elle il est vrai que cet amour date

de la veille, et que Frédéric n'a que

vingt-un ans.

Dans le village, où il va se reposer et déjeuner, c'est encore de sœur Anne qu'il parle; et chacun se plaît à vanter

ses vertus, sa douceur, sa sensibilité; mais les paysans ajoutent : « La pauvre » fille est bien à plaindre, elle court » risque de rester toujours dans s;i mi- » sérable chaumière ; car, qui voudrait » d'une malheureuse muette?»

Frédéric sourit et se tait ; mais il pense qu'il a vu à Paris des femmes éblouissantes de charmes, d'attraits, de talons^ de parures, et qu'il préfère à touies la jeune muette du bois.

Le jeune homme trouve au village de quoi réparer ses forces j il a fait donnera son cheval une ample ration, puis reprend avec lui le chemin du bois. Il attache son coursier à un arbre près du ruisseau et se dirige vers la cabane isolée.

Le soleil n'est encore qu'à moitié de sa course, mais Frédéric espère, en rodant autour de la maisonnette, apercevoir sœur Anne, et cela lui donnera la patience d'attendre le soir.

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