CHAPITRE IV
de la jeune fille à l'aspect de Frédéric; elle lui sourit et lui tend la main avec amitié. Déjà elle s'impatientait de ne pas le voir arriver ; déjà elle se disait: « Est-ce qu'il ne reviendra plus?» et ses yeux ue quittaient pas le chemin de la vallée. Elle ne connaît Frédéric que depuis deux jours , mais dans un cœur aussi aimant , aussi pur , l'amour devait faire d e rapides progrès ! c'est donc de l'amour qu'elle éprouve déjà pour le jeune étranger ?.. pauvre petite ! j'en ai peur !.. mais n'est-ce pas bien naturel , n'est-elle pas dans l'âge où l'amour s'identifie avec tous nos autres sentimens ? et Frédéric est bien fait pour lui en inspirer.
t Je suis venu j^us tard, lui dit-il , » mon cheval n'a point secondé mon » impatience ; chère amie , ie suis si » bien auprès de vous... je voudrais ne ,» jamais vous quitter! »
Anne le regarde long-temps... elle
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soupire , lui montre le chemin de Ja ville , puis regarde sa chaumière , comme pour lui dire : Nous serons toujours séparés !...
a Quittez cette chaumière, consem- » tez à me suivre , s'écrie Frédéric » avec chaleur, et nous ne 'nous qnii- » terons plus. »
La petite se lève, fait un mouvement d'effroi, et lui montrant de nouveau la cabane, elle imite les pas chancelans de la vieille Marguerite ; puis secouant la tête avec force , ses yeux qui brillent d'une expression céleste disent à Frédéric : « Jamais , jamais je ne l'abant donnerai. »
a Ah ! pardonnez-moi , lui dit- il , » oui, j'ai '.oit , je le sens.... votre » cœur ne peut cire ingrat.... parât donnez-moi ! l'amour in'éga-
» rail. »
La jeune muette ne lui garde pas rancune ; elle retourne s'asseoir près de