‹ Soeur Anne (volume 4)Chapitre 156 sur 246 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

lui, et un sourire charmant vient animer sa physionomie. Ses beaux cheveux , que le vent fait voltiger , vont caresser la figure de Frédéric; elle rit , en ie dégageant de sa chevelure. Mais il a passé une de ses mains autour de sa taille; il retient contre lui cette tète charmante. Ses yeux échangent de doux regards , avec ceux de sœur Aune ; ses lèvres effleurent ses joues; et la douce haleine de la jolie muette se mêle ù l'air qu'il respire ; ces instans ne sontils pas les plus doux de l'amour , les plus heureux de la vie ?

Une partie de la journée se passe ainsi. Frédéric reste dans le bois; sœur Anne lui apporte des fruits, du laitage afin qu'il ne soit pas obligé d'aller jusqu'au village. Déjà la petite craint de le voir s'éloigner. A chaque instant elle court dans la chaumière voir si Marguerite n'a pas besoin d'elle. Mais la bonne' vieille dort une pnrtir» de la

journée, et sœur Aune revient en couvrant près de son nouvel ami.

Vers le soir, la jeune fille reste plus Jong-temps près de sa bonne mère.

Pendant ce temps , Frédéric descend jusqu'au bord du ruisseau, c'est-là qu'il attend le retour de soeur Anne , et ses tablettes !ui font passer le temps. Quand la petite le surprend à écrire, elle pousse un profond soupir , et reportant tristement ses yeux sur elle , semble dire :

« Je ne sais rien !... je ne saurai jamais » rien !.. » et Frédéric lui répond : « Je b serai ton maître.... je t'appreudrai à » parler sur le papier. »

Quand la nuit vient, le jeune homme se sépare de son amie , qui l'accompagne tristement jusqu'à son coursier , et •dont les yeux lui disent encore : «à demain ! »

Huit jours se sont écoulés ainsi :

chaque malin Frédéric part de Grenoble au poiut du jour j il prend le pre-

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