CHAPITRE IV
niier cheval qu'il trouve clans l'auberge, et se rend à Vizille. Il passe toute sa journée près de sœur Anne et ne la quitte qu'à la nuit.
Frédéric ne vit point éloigné de la jeune muette, et déjà sœur Anne n'est plus heureuse que près de lui. L'amour s'est emparé de son cœur, sans qu'elle ait cherché à le combattre; il s'est présenté à elle avec tant de charmes I pourquoi aurait-elle repoussé ce sentiment qui fait son bonheur? Frédéric a tout pour séduire; il lui répèle à chaque instant qu'il l'aime, qu'il l'aimera toute sa vie; elle ne doute pas de ses sermens; elle ne sait pas ce que c'est que l'inconstance. Pourquoi Frédéric lui mentirait-il?... Elle s'abandonne au plaisir de l'aimer!., sa bouche ne peut lui adresser de tendres assurances de retour, mais ses yeux lui disent tout ce qui se passe dans son âme, et un
seul de ses regards vaut les plus doux sermons.
Frédéric veut apprendre à écrireà sœur Anne, niais l'amour trouble sans cesse les leçons qu'il lui donne. Assis auprès d'elle, la serrant tout contre lui, pouvan! contempler tout à son aise ses
traits si doux, ses yeux si enivrans
il s'arrête et oublie ce qu'il doit lui montrer. Elle le regarde, elle sourit, on oublie la leçon. Frédéric la presse contre son cœur,... ses sens sont, enflammés;... maison est timide avec 1 innocence, surtout lorsqu'on est véritablement amoureux.
Cependant l'amour le plus timide s'enhardit; l'habitude de se voir, d'être ensemble, de se témoigner leur tendresse, les uuit chaque jour davantage.
Ils sont constamment seuls dans le bois,., et c'est un séjour bien dangereux pour l'innocence ! pourraient-ils longtemps résister à leur cœur? au feu qui