‹ Soeur Anne (volume 4)Chapitre 164 sur 246 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

» le baron? — Je veux dire si je

» n'avais pas des créances de mon gou- » vernement à liquider;... enfin, si.... » Mais chut,... j'aperçois du monde,..

» des personnes qui , sans doute, vien- » nent aussi visiter ces ruines... Il faut » que ces gens-là [demeurent dans les «environs, car leur mise n'annonce

» pas une longue marche »

M. Ménard lève la tète : il aperçoit un monsieur et une dame qui arrivaient par la gauche et se dirigeaient lentement vers le château. Le précepteur s'empresse de faire disparaître leur couvert en fourrant dans sa poche la nappe et la bouteille , puis il se lève et rejoint Dubourg , qui marche vers les promeneurs , en se donnaut déjà un air penché , et se dandinant avec grâce , ce qui rappelle à Ménard leurs promenades dans les rues de Lyon , et il se dit tout bas : « Il paraît que M. le baron ne veut plus garder l'incognito. »

Alors, de son côté, il tire le bout de son jabot , et donne à sa tournure un caractère plus sévère.

Dubourg a remplace par un simple chapeau rond le méchant claque qu'on lui avait laissé chez la prétendue marquise de Versac , mais il a conservé à ses bottines ses petits glands d'argent -, il a conservé surtout ce talent de donner à sa physionomie le cachet du personnage qu'il veut prendre. Lorsqu'il est près des personnes qui examinent les ruines, on jurerait à ses manières , à sa voix , à son parler , à ses yeux qu'il roule d'un air observateur autour de lui , que c'est quelque noble étranger.

Le monsieur et Sa dame que Dubourg semble vouloir rejoindre, ont une mise (pii annonce l'aisance , mais qui sent la province et surtout la prétention. Le monsieur, qui paraît cinquante ans, est coiffe en poudre ; il tient son chapeau à la main pour ne point abattre

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