CHAPITRE V
» logeons à deux lieues et demie , à » AJlevard , où mon mari a acheté une » propriété superbe, quand nous avons » quitté le commerce de vin... »
Ici , le monsieur donne un coup de coude à sa femme , mais elle reprend sans paraître y foire attention : « Coru- » merce que nous n'exercions que » pour noire plaisir; car mon époux a » toujours eu une fortune assez consé- » quente ; mais il faut bien faire quel- » que chose.... — Comment donc!
» Madame, mais j'estime beaucoup le » commerce. , surtout celui des vins.
» Certainement Noé n'a pas planté la » vigne pour que nous ne mangions » que des raisins secs. Gédéon , capi- » tainc hébreu , battait lui-même son » blé , Saùl conduisait des bœufs , » David gardait des brebis, Cincinna- » tus labourait son champ , le p ;pe » Sixte-Quint a gardé des cochons 5 » Urbain IV avait fait des souliers ) je
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» ne vois donc rien d'étonnant à ce que » M. votre époux ai^vendu du vin.
» Monsieur... certainement , » dit le mari , en saluant Dubourg; puis il ajoute tout bas à sa femme : a C'est un m noble philosophe...
» Mais , reprend la dame , depuis » que nous sommes retirés nous ne » voyons que ce qu'il y a de mieux » dans l'endroit : le maire , le gref- » fier... des propriétaires qui sont élec- » teurs !... des gens comme il faut.
» Nous passons une vie charmante j » mon mari est presque le seigneur de » l'endroit.
d II est certain , » dit le monsieur , en s 'appuyant sur sa canne, « qu'on me » regarde comme tel. Il n'aurait tenu » qu'à moi d'être sous-préfet , mais » il aurait fallu se déplacer , et je » tiens à mon endroit. Nous y sommes » tellement considérés ! Je donne à r> dîner à ce qu'il y a de mieux ; jnous