CHAPITRE V. Çjï
M. le baron ,» répond Mcnard qui , dans le plaisir que lui fait cette invitation , tire de sa poche leur nappe de papier , qui entortillait la volaille, et s'essuie le risage avec , croyant avoir pris son mouchoir, et ne «'apercevant pas qu'il se barbouille la figure avec la gelée du chapon. Mais monsieur et madame Chambertin sont dans le ravissement et ne voient rien de tout cela. Emmener dîuer chez eux un grand seigneur polonais, un palatin!... qui a mis un de devant le nom de monsieur, et qui fait des yeux très-tendres à madame, en voilà assez pour tourner la tète aux deux époux.
a Nous ne tiendrons jamais quatre «dans le cabriolet, dit madame. — » Ne t'inquiète pas, ma chère, je prenn drai le petit cheval de Luncl, qui mon- » tera derrière; et quand M. ic baron
«voudra — Ma foi, parlons, dit
.» Dubonrg , > cl il ajoute plus bas, en
offrant sa main à ia dame : « Toutes » les ruines possibles ne sauraient l'em- » porter sur vous! »
On se met en marche : Dubourg donne le bras à madame, M. Ghambertin court en avant , et Ménard suit en cherchant à deviner, d'où peut venir cette odeur de volaille qui le poursuit partout.
Au détour d'un sentier > on aperçoit le cabriolet de campagne que garde uu petit homme de l'âge de son maître , qui ressemble plutôt à un sommelier qu'à un jockey : il a près de lui un animal qui , par sa taille et ses oreilles, tient le milieu entre le cheval et l'Ane. Madame Chambertin monte en voiture avec nos dcuix voyageurs. « Donne-moi «ton bidet, Luuel y dit M. Chambcr- » lin. — El m. h , Monsieur ? demande » le vieux jockey. — Tu monteras » derrière la voilure. — Vous savez » bien, Monsieur, que je ne peux pas