chapitre v. g
jardin situé derrière la maison. Tout annonce la richesse, la profusion et le manque de goût. Ilya deux pendules sur une cheminée , une autre sur une console, une autre sur un secrétaire.
Les meubles sont élégans, le parquet est couvert de tapis , les boiseries surchargées de tableaux, et trois lustres pendent au plafond.
« C'est mon petit salon d'été , » dit madame Chambertin d'un air modeste. « Si j'avais su avoir l'honneur de » recevoir M. le baron, j'aurais fait pré- » parer mon grand salon d'hiver, dans » lequel on fait trois contredanses sans » se gêner. — - Madame , nous avons » plus de place qu'il ne nous en faut! » et je serais désolé de vous causer au- » cun dérangement... ce salon est char- » mant, tout s'y ressent du goût de la
» déesse de ce. séjour — Ah ! M. le
» baron... il est vrai que c'est moi qui « l'ai fait arranger... mon mari voulait
» encore placer une pendule dans ce » coin... mais il peut s'en passer...-— Il » serait difficile de ne pas savoir l'heure » ici !... — Ce tapis est d'un assez bon » goût... J'ai encore mieux que ça dans » mon salon d'hiver... mais vous de- » vez en faire un grand usage en Po- » logne,M. le baron? — Oh! nousavous » en Pologne des tapis qui ont six » pouces d'épaisseur... on enfonce de- » dans en marchant , comme sur un » lit de plume.... j'espère avoir l'hon- » neur de vous en envoyer quelque » échantillon.... — Ali! M. le bad ron ! . . . . »
Dans ce moment M. Chamberlin entre avec toute la société qu'il avait pu réunir à la hâte pour venir dîner chez lui avec un grand seigneur. Il n'avait trouvé que quatre personnes de disponibles , d'abord un ancien notaire de village et sa femme , qui allaient se mettre à table lorsque leur