CHAPITRE V. ÎOI
a Pas un morceau de plus!... j'espère » Lien que les cuisses et les ailes la » sauteront ... je n'abandonne que la » carcasse... — Arrête, te dis-je, mon » ami , il faut que tu viennes dîner » chez moi. — Pas aujourd'hui... lu » vois bien qu'il n'est plus temps... — » Il le faut... — J'ai déjà mangé le tiers » de mon dîner... — Ça ne comptera » pas. — ■ J'ai bien peur que si!.. — J'iii » deux seigneurs, dont un homme de » lettres chez moi. — Qu'est-ce que » cela méfait ! — De Pologne... de » Cracovie.. un baron... un savant...
» — Eh bien après?., tout cela ne doit » pas m'empècher de dîner. ~ Je veux » te procurer l'honueur de dîner avec » eux. —Mon ami , pourvu que je dîne » bien , peu m'importe que ce soit » avec un baron ou un meunier!... — » Allons, Frossard , mon ami , un peu » d'élévation dans les idées... — Mon » poulet va être froid... — Tu gou-
» teras chez moi d'un lièvre piqué dé- » licieux .. j'ai aussi certain pâté de » foies gras qui m'est arrivé de Slras- » bourg... — Ah ! le traître va m'at- » tendrir-,. — Nous boirous de mon » vieux Pomard... et de ce Saint-Pérey , » que tu aimes tant... — Il n'y a pas » moyen de résister... — Tu me suis?
» — Oui ? mais ce n'est pas pour tes » seigneurs et tes savans auxquels je ne » connais goutte ; c'est pour le lièvre et » le Pomard , auxquels je me connais » parfaitement. »
M. Fondant était arrivé le premier chez Chambertin ; mais naturellement timide, et encore plus embarrassé pour paraître devant les deux étrangers , qu'il présumait être des princes d'après le peu de mots que son voisin lui avait dits , l'aucien apothicaire était resté dans l'antichambre , qui précédait le salon dans lequel madame Chambertin causait avec ses nouveaux hôtes ,