CHAPITRE V
» baron , dit Chambertin , j'aurais ar- » rangé. . une petite soirée musicale... » une petite fête... mais je me flatte » d'être en mesure une autre fois... — » Ah ! monsieur de Chambertin , vous «me rendez confus!... Eu vérité, je » ne pourrai plus quitter ce pays ; et «cependant, monsieur Ménard, vous » savez qu'on nous attend à la cour de » Bulgarie. »
A ces mots, madame Bidault se redresse en se pinçant les lèvres; Chambertin regarde ses voisins d'un air qui signifie : « Je vous l'avais bien dit , » et M. Fondant disparaît entièrement derrière les rideaux.
« Au reste , reprend Dubourg , ce » pays me plaît beaucoup... et la so- » ciété aimable que j'y rencontre m'y » attache encore davantage... »
A ce compliment, tout le monde se lève et salue. Il se fait derrière les rideaux un mouvement semblable. «Mais
IOÔ SOEUR ANNE.
» il m'avait semblé avoir aperçu M.Fon- » dant, dit le maître de forges , que » diable est-il donc devenu!..
» Je suis là , Monsieur , » dit d'une voix enrouée le ci-devant apothicaire , en sortant un peu sa tète de dessous les draperies. « Et que faites-vous là à » une lieue de nous ?. ... approchez-vous » donc, M. Fondant... Eh bien quelles » nouvelles de Lyon... que dit-on par » là?... »
M. Fondant est devenu rouge jusqu'aux oreilles : il s'aperçoit que les étrangers le regardent. Il tire son mouchoir, se mouche, avance et recule sa chaise, puis balbutie enfin, en parlant du nez pour se donner de l'assurance : « Qu'il a fait chaud aujourd'hui!... »
Heureusement madame Chambertin revient , et sa présence change le tour de la conversation. Elle a passé une légère blouse de mousseline, garnie de dentelles j elle est coiffée en che-