CHAPITRE V
«l'esprit pour sentir qu'ils sont à six lieues de Grenoble., et qu'il est temps d'y retourner. M. Chambertm propose des chambres à ses hôtes , mais si l'on restait , il faudrait faire quelque chose^ déjà M. Bidault et le maître de forges ont pris des cartes , et Dubourg qui a de la peine à résister à l'attrait du jeu , sent qu'il ferait une sotte figure sans argent dans sa poche. Il vaut donc mieux partir pour revenir une autre fois. M. Frossard l'a provoqué au trictrac; Dubourg qui s'y croit très-fort , espère regagner avec le gros maître de forges une partie de ce qu'il a perdu chez ses fripons de Lyon.
Ménard se trouve si bien chez M. Chambertin qu'il y coucherait volontiers , et madame Chambertin, qui a peut-être quelques arrière-pensées , voudrait retenir le jeune palatin. Mais celui-ci a ses raisons pour ue point céder. Voyant que ses instances sontinu-
liles, M. Chambertin ordonne à Lunel de se tenir prêt avec le cabriolet , pour reconduire M. le baron et son compagnon.
Dubourg prend congé de ses botes, en leur promettant de venir incessamment passer quelques jours avec eux.
Cet engagement calme le chagrin de son départ. « Songez, monsieur le ba- » ron,quc je compte sur votre parole, » dit M. Chambertin , en saluant profondément Dubonrg. « Nous vous at- » fendons...» ajoute madame, en lançant un dernier regard qui en dit suffisamment; Dubonrg y répond en appuyant sa bottine sur le pied de son mari qu'il prend pour le sien , et serrant affectueusement la main de son hôte , l'appelle son cher ami de Chambertin .
Mais Lunel et le cabriolet les attendent : Dubourg et Méuard montent dedans et prennent la route de Grenoble.