CHAPITRE VI
» comte son père!... — Levez-vous » donc et venez- avec moi. »
Ménard s'habille , déjeune et suit Drbourg, qui fait mettre des selles à deux vieux chevaux de labour, que l'aubergiste ne donne qu'en murmurant, parce que la dépense de ces messieurs commence à dépasser la valeur de leur voiture. Enfin ils sont montés à cheval ; Ménard prévient son compagnon qu'il ne va qu'au pas, et Dubourg lui répond que, lorsqu'on fait des perquisitions, on ne va pas vite.
Ils s'informent , en sortant de Tauberge , de la route que prenait Frédéric ; on la leur indique. Tout le long du chemin on a remarqué le jeune voyageur qui passait chaque malin , en faisant aller son cheval le plus grand train possible, et qui revenait le soir tout doucement. Dubourg et son compagnon acquièrent bientôt la certitude que c'est à Vizille que Frédéric se rendait tous les jours.
h. ii
« Que va-t-il faire là, «dit Dubourg.
ce — Il y aura trouvé quelque sile inté- » ressaut. — Je crois plutôt que c'est » une figure intéressante. — Quoi , «monsieur le baron, vous penseriez?,.
33 — Oui, sans doute; Frédéric n'est « pas assez fou pour ne contempler » que des arbres et des montagnes; il » cherchait un cœur qui sympathisât » aveclesien, une ame aimante comme » la sienne, enfin une femme qui lui » plût ; et qui sait s'il n'a pas trouvé » quelque jeune paysanne, bien simple , » bien naïve, qui lui a tourné la tête!.. » — Je gage , moi, qu'il est encore allé » admirer la Chartreuse. — Monsieur » Ménard , songez que Frédéric n'a que » vingt-un ans. — Monsieur le baron , « rappelez-vous que les femmes l'ont » déjà trompé, et qu'il est parti de Pa- » ris pour 1rs fuir! — Est-ce une rai- » son pour ne plus les aimer? d'ailleurs", » monsieur Ménard , quand on fuit