CHAPITRE VI
» sieur le baron. — Ce coquin de Fré- » déric.... Ce n'est pas maladroit de » trouver un si joli minois dans ce lieu » désert. ... Pensez-vous encore qu'il » fuit les femmes? — Cela n'y ressem- » ble pas, dans ce moment. — Allez, «monsieur Ménard , Frédéric, quoi- » que sentimental , est un homme » comme un autre ,- mais il faut aller » lui faire notre compliment... — Cela » va le déranger, monsieur le baron. — » Parbleu ! puisqu'il passe ici ses jour- » nées , il a bien le temps de faire l'a- » mour. »
Dubourg et Ménard s'avancent : au bruit de leurs pas , Frédéric se retourne et les voit. La petite lève les yeux ; en apercevant les deux étrangers , elle se presse davantage contre Frédéric, puis, cachant sa tête sur le sein de son amaut , semble de cette place défier tous les dangers.
o Bravo ! mon cher Frédéric , bra-
» vo ! » dit Dubourg en riant. « Je
« conçois maintenant pourquoi tu te » lèves si matin !.... Vraiment , la con-
» quêle est charmante et ce petit
» air sauvage ajoute encore au piquant » de sa physionomie. »
La jeune muette, après avoir regardé un instant Dubourg, reporte les yeux sur Frédéric , et semble lui demander ce que cela veut dire.
Frédéric se lève.... la petite en fait autant, ellecourtaupiès de celui qu'elle ^ainie et s'attache à lui , en regardant avec inquiétude les deux étrangers; elle semble craindre qu'on ne vienne lui enlever son amant ; mais Frédéric la rassure, il J'embrasse tendrement , et l'engage à aller l'attendre dans le jardin de la chaumière. Sœur Anne a de la peine à lui obéir , elle craint de le quitter... mais Frédéric lui promet de nouveau de la rejoindre bientôt. La main de la jeune fille désigne les étrangers, et