‹ Soeur Anne (volume 4)Chapitre 188 sur 246 · CHAPITRE VI. I · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. I

ses yeux lui disent : « Tu n'iras pas avec eux. » Il l'embrasse encore, ellese calme, et s'éloigne enfin, non sans tourner souvent la tête pour regarder Frédéric avec amour, et les deux nouveaux venus avec tristesse.

(f Fort jolie... fort jolie, d'honneur, » répèle Dubourg en la suivant des yeux.

El M. Ménard dit entre ses dents : « Si » son langage ressemble à son plumage, » c'est le phénix des hôtes de ces bois.

» — Que venez-vous chercher ici , » Messieurs ? » dit Frédéric, en s'approebant d'eux avec humeur.

« — Ce que nous venons chercher !..

«toi, parbleu! toi, qui nous aban- » donnes , qui nous laisses sans argent » dans une auberge , pour venir dans » les bois faire l'amour avec une petite

» paysanne fort gentille , j'en con-

» viens, mais qui ne devrait pas te faire » oublier ton ami et ton respectable » précepteur. »

Frédéric ne repond rien , il paraît réfléchir profondément. « M. le comte, • dit M. Ménard en s'avauçaul avec respect vers Frédéric, « certainement » il est permis à tout homme d'être » sensible : Adam le fut avec Eve,..8 » il est vrai qu'il ne pouvait pas alors » l'être avec d'autres ; Abraham le fut » avec Agar 5 David avec Betzabée ; » Samson avec Dalila ; et puisqu'un » homme comme Samson a succombé, » comment pourrious-nous résister ?

» nous , qui ne sommes pas des Sam- » sons !.. mais cependant, M. le comte, *> est moclus in rébus ; il ne faut pas » pour un nouvel attachement oublier » tout ce qu'on se doit, et descendre » du rang où le sort nous a placés. Or , » ce n'est pas pour aller vivre dans un » bois comme un sauvage , que M. le » comte, votre père, vous a laissé en- » treprendre ce voyage... d'où je eon- » clus....

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