CHAPITRE VI. l3l
» — Mon cher M. Ménard , » dit enfin Frédéric en sortant de sa rêverie et sans paraître répondre au discours de son précepteur , or j'ai quelque chose » de très-important à communiquer à » mon ami... le baron , je ne puis dire » cela qu'à lui... obligez-moi d'aller » faire un tour dans la vallée... nous » vous rejoindrons bientôt.
» — M. le comte , je n'ai rien à vous » refuser; je vais vous attendre avec » confiance, » et Ménard sort du bois en se disant : a Ma mercuriale a fait » son effet; le jeune homme sent ses » torts ; il va s'amender , et revenir » comme l'enfant prodigue : le bâton » blanc d'une main , et la bride de son » cheval dans l'autre. »
A peine Ménard est-il éloigné que Frédéric court vers Dubourg. « Pour- » quoi as-tu amené ici notre Mentor , » pourquoi me suivre dans ce bois?....
* ne suis-je plus le maître de mes aç-
ï52 SOEUR ANNE.
» tions ? — D'abord le Mentor n'est pas » effrayant ; ensuite il fallait bien sa- » voir ce que tu étais devenu , puisque » tu ne donnais plus de tes nouvelles ; » enfin , devais-je penser que pour une » amourette lu deviendrais comme Ro- « land le Furieux.... — « Une araouwrette!... non, Dubourg, c'est une » passion véritable , et qui sera éter- » nelle ! jamais je n'ai aimé avec au- » tant d'ardeur !... jamais je n'ai renu contré nu être plus di^ne de mon » amour. Ah ! Dubourg, si tu connais- » sais le cœur de cet aimable enfant!... » elle est étrangère à toutes les faus- » setés du monde! sou ame est pure » et belle comme ses traits. Ah ! mou » ami , ce n'est pas à Paris , ce n'est pas » dans les brillaus salons de la capitale » que je retrouverais une femme qui » sût nv aimer autant. — Allons, tu » as la tète montée!... et je vois bien » qu'il me sera difficile de te faire en?