‹ Soeur Anne (volume 4)Chapitre 19 sur 246 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

homme devant lui, lui tint le discours suivant :

« Frédéric , je suis content de vous.

» Vous avez répondu aux soins que » j'ai pris de votre éducation, et je n'ai » point à me plaindre de votre carac- » tère. Mais vous devenez d'un âge où » il faut par soi-même apprendre à cori- » naître le monde. Jouissez donc dès au- » jourd'hui dune entière liberté. Vous » continuerez à habiter le même hôtel » que moi ; mais je vous donne J'appar- » tement situé dans le corps de logis » qui donne sur la rue. Le mien est au » tond de la cour; par ce moyen vous » pourrez sortir à toute heure, sans » craindre dç troubler mon repos. Mon » intendant a ordre de vous a compter » de l'argent, toutes les fois que voirs » lui en demanderez. Je vous connais, » et je suis persuadé que vous n'abuse- » rez pas de celte facilité. Vous êtes » dans l'âge où Ton est avide de plai-

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w sirs ; jouissez-en, livrez-vous aux » folies de voire âge : j'entends celles » qui n'égarent ni le cœur ni l'esprit. » Vous êtes sensible ; vous adorerez » toutes les femmes ! mais ce transport » n'aura qu'un temps. Soyez plus diffi- » cile dans les liaisons que vous for- » nierez avec les hommes de votre » âgej ne vous livrez pas trop vite en » amitié : il faut être plus difficile dans » le choix d'un ami que dans celui d'une » maîtresse. Au reste, je ne vous perdrai » pas de vue entièrement, j'espère que. » les principes que je vous ai donnés » vous préserveront de tout excès blâ- » mable , et que je n'aurai point à me » repentir de la liberté que je vous ac- » corde. »

Frédéric, touché de ce discours, a!

lait se précipiter daus les bras de son père; mais le comte réprimant ce mou vement de tendresse que son cœur partageait , se qon tenta de lui donner sa

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