‹ Soeur Anne (volume 4)Chapitre 20 sur 246 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

main à serrer dans les siennes, en ajoutant, d'une voix un peu émue :

«Dans quelques années je m'oc-

» cuperai de votre sort futur. Je soa- » gérai à vous trouver un parti conven nable.. . Mais nous n'en sommes pas »là...j jouissez de votre jeunesse et » n'en abusez point. »

Le comte , en disant ces mots , se hâta de quitter son fils -, car celte conversation l'avait attendri j il sentait une larme mouiller sa paupière , et il eût été désolée de la laisser voira Frédéric. Deux années s'étaient écoulées depuis cette conversation , pendant lesquelles Frédéric devenu son maître avait suivi la première impulsion de son cœur.

Doué d'une âme ardente et sensible, Frédéric devait éprouver bien vite les atteintes de l'amour. A dix-huit ans la plupart des jeunes gens disent : 11 faut aimer ; comme: Il faut jouer , danser et monter à cheval. Mais le jeune comte

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ne traitait pas l'amour aussi légèrement; son cœur tout neuf aimait ou croyait aimer bien réellement ; il voulait être payé de retour; mais une perfidie le désolait, et il pleurait l'infidélité d'une maîtresse.

Frédéric était d'une jolie taille, d'une ligure charmante , pleine de douceur et de noblesse : ses yeux exprimaient tout ce que son cœur éprouvait. Mais il n'avait pas encore ce ton léger, ces manières lestes des éiégans du jour; il ne se dandiniitpasen parlant; il ne souriait pas dans les glaces , ne disait pas de ces riens qui font fureur dans un salon, et ne savait pas regarder les dames sous le nez pour leur dire qu'elles étaientadorables.

Or, comme ces manières un peu cavalières sont à la mode, et que les dames n'aiment que ce qui est consacré par celte déesse, elles trouvaient Frédéric un peu sentimental, un peu gauche même , et elles se disaient : « Il

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