CHAPITRE VI. iZj
lendemain chez M. Chamberlin , a rendu tout joyeux , pique des deux pour la première fois de sa vie ( à la vérité ce n'est qu'avec ses talons ) , et va trotter à côté de Dubourg.
« C'est pourtant dommage , dit-il en » route , que raton élève ait fait cette «nouvelle connaissance!... une femme » fait quelquefois commettre à un » homme bien des sottises !... Caton a. » dit que la sagesse et la raison étaient » incompatibles avec l'esprit de ce sexe. » — Eh! M. Ménard , c'est que Caton » avait probablement été malheureux » en amour ! — Saint Bernard nomme » la femme: Organum diaboli. — Mais » Confucius prétend que l'ame d'une » femme est le chef-d'œuvre de la » création. — Juvénal dit qu'il n'y a per- » sonne pour qui la vengeance ait plus »d'attraits. — Cela prouve, M. Mé- » nard , qu'elles ont quelque ressemblance avec les dieux. — Enfin , n. la
» Origène a dit : La femme est la clef » du péché. — J'avais cru jusqu'à pré- » sent qu'elle n'en avait que la ser- » rure. — Agnès Sorel amollissait le » courage de Charles VII. — Et c'est » une autre femme qui le lui a rendu. » — . Jeanne de Naples a fait étrangler » son mari. — Jeanue Hachette a sauvé » Beauvais. — Tout bien considéré , » M. le baron, je vois que cela se ba- » lance. »
Pendant que nos deux voyageurs cheminent vers Grenoble, en discutant sur les femmes , discussion qui pourra les mener fort loin , sans qu'au bout du compte ils en connaissent mieux le sujet qu'ils auront traité ; car un savant a dit qu'il y avait autant de variétés dans le cœur d'une femme que de grains de sable dans la mer; et il fallait que ce savant-là le fût terriblement ! pour connaître le compte des grains de sable de la mer 5 revenons à Frédéric.