‹ Soeur Anne (volume 4)Chapitre 21 sur 246 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

» n'est pas mal, mais il a bien besoin » d'être formé ! »

Une petite maîtresse ne peut pas s'attacber à un novice j on veut bien avoir un caprice pour lui, mais il n'y a qu'un mauvais sujet qui sache inspirer une grande passion : c'est ce qui fait que le pauvre Frédéric était toujours trompé et quitté par ses maîtresses.

C'était chez Tortoni que Frédéric avait fait la connaissance de Dubourg.

Ce jour-là, le philosophe, qui était en argent , mettait tout en révolution dans le café , où il régalait quatre de ses amis; quelques étrangers, que le bruit de ces messieurs ennuyait, voulurent leur imposer silence : pour toute réponse, Dubourg leur jeta à la tête le restant d'un bol de punch. Ou se leva, on cria, on se menaça, et pendant la querelle, les quatre amis que Dubourg régalait jugèrent prudent de disparaître successivement. Celui-ci, indigné de la

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conduite des lâches qui l'abandonnaient, continuait à tenir tête à ses adversaires , lorsque Frédéric se mettant de sou parti, lui offrit de lui servir de second. Dubourg accepta : un duel eut lieu le lendemain. L'antagoniste de Dubourg fut légèrement blessé et l'affaire n'eut point d'autres suites; mais elle servit à cimenter l'amitié qui se forma entre Frédéric et Dubourg. Ce dernier, quoiqu'ayant près de dix ans de plus que le jeune comte, était loin d'être aussi raisonnable que lui , mais sa gaîté plaisait à Frédéric, qui avait souvent besoin des saillies de son ami pour oublier les infidélités de ses belles.

Maintenant que nous connaissons le comte de Momreville et son fils, entrons dans les salons où la plus brillante société est réunie , parce que, ainsi que nous l'a dit Dubourg, c'est jour d'assemblée.

La société est dispersée dans plu-

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