CHAPITRE VII. l
trous. Ménard esl tremblant , les deux jockeys crient , et Dubourg leur dit :
«Taisez-vous, drôles... Je vous ai » défendu de parler français... ne crai- » guez rien, je réponds de tout.» La voiture va comme le veut ; heureusement que les chevaux se dirigent alors vers la maison; mais au lieu d'enfiler la grande porte , les coursiers vont donner avec violence contre la muraille , le choc est si fort que Dubourg en a sauté à terre en criant : « Je réponds de tout ! » et les deux jockeys ont roulé sur le gazon. Ménard seul est resté sur sou banc après lequel il semble cloué.
Mais personne n'est blessé ; Dubourg se relève en riant et va saluer la société en assurant que c'est ainsi qu'on descend de voiture en Pologne. Ménard , fier de n'être point tombé, entre en étalant son jabot , et les deux marmitons en se tenant le derrière qu'ils se
contentent de montrer à Lunel, qui leur demande s'ils sont blessés.
On fait à Dubourg l'accueil le plus aimable. M. Chambertm est aux anges ; le baron lui a serré la main en l'appelant son cher ami ; madame de Chambertm n'est pas moins satisfaite ; l'illustre étranger lui a dit à l'oreille , en la saluant : « Vous n'êtes pas sortie de ma pensée. » Et toute la société paraît charmée de se trouver avec un grand seigneur qui n'a pas du tout l'air important , et met tout le monde à son aise.
M. Chambertm a réuni une quarantaine de personnes : tous les riches propriétaires des environs, le maire, le notaire, le greffier, des maîtres de forges, quelques amis arrivés de Paris et de Lyon, enfin tout ce qu'il a jugé digne de se trouver avec M. le baron.
On se met à table. Dubourg a la place d'honneur près de Madame , et