‹ Soeur Anne (volume 4)Chapitre 204 sur 246 · CHAPITRE VII. 1 5g · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII. 1 5g

Ménard est enchaoté de se retrouver à côté de M. Fondant , qui ne parle pas davantage, mais qui est très-attentif pour lui verser à boire et lui passer les plats.

et J'espère, » dit M. Charnbertin , a que M. le baron nous donnera quel- » ques jours, ainsi que M. Ménard. — » Oui, dit Dubourg, je me suis arran- » gé pour passer quelque temps dans » ce délicieux séjour, ainsi que mon » ami Ménard. »

Ces mots sont accompagnés d'un coup de genou à madame Charnbertin, qui avale une aile de volaille pour étouffer un soupir indiscret. jM . Ménard s'incline, et M. Charnbertin reprend: « Je n'ai qu'un regret, c'est » que vous ne nous ayez pas amené » votre ami, le comte de ... le comte » du ... uu comte enfin... — Oh! c'est » un original, » dit Dubourg, « il » fuit la société. Je lui ai laissé nies

l6o SOEÏÏR ANNE.

» gens avec ma berline, et n'ai amené » avec moi que mes deux petits Po- » lonais... — Ah! ce sont des Polo- » nais... ils sont gentils, je les prenais » pour des Cosaques. »

Dans ce moment, Lunel vient annoncer à Dubourg que ses deux jockeys font le diable dans la cuisine, et ne veulent répondre à aucune question.

« Parbleu, je le crois bien, ils n'en- » tendent pas le français. — Laissez » faire les gens du baron, dit Cham- » berlin, et tâchez de comprendre » leurs signes.

» Ils sont jolis leurs signes, » dit iout bas Lunel , « ils ne font que » mettre leurs doigts dans les sauces et » les reporter à leur culotte. »

La gaieté de Dubourg et l'appétit du savant Ménard ont mis tout le monde va train. On rit, on cause, on mange, un boit. Mais toutes les fois que Dubourg parle, M. Ghambertin hache des

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