CHAPITRE VII. l6l
chut! à la société, en disant: « Ecoutons »M. le baron. »
Au dessert, M. Bidault se dispose à » chanter; mais Dubourga dit: a On ne chante plus dans la grande compagnie,»
et M. Chambertin fait taire M. Bidault, en lui criaut : «On ne chante plus.... »• -Qu'est- ce que vous alliez faire d' là!... d ;
Mais le gros Frossard a l'habitude déchanter, et il ne s'embarrasse pas de ce que dit Chambertin qui , voyant qu'il ne pourra pas l'empêcher, d'entonner sa chanson à boire, pnie la société de passer dans la salle du concert qui va commencer, et dans lequel il espère que la chanson à boire du maître de forges passera pour un morceau à roulades.
On a fait venir un piano et une
harpe, une dame et une demoiselle des
• nvirons régalent la compagnie d'un
air avec trente-six variations. Le maire
il. i4
1Ô2 SCETJR ANNE.
prend sa basse, le notaire un violon^ on présente un cor à Dubourg, qui a dit qu'il jouait de tous les instrumens, mais qui déclare ne donner que du cor anglais, et passe l'instrument à Ménard en le faisant asseoir devant un pupitre; Ménard le regarde d'un air étonné, et Dubourg lui dit tout bas : « Soufflez » dedans et n'ayez pas l'air embar- » rassé. »
M. Ménard, qui ne s'est pas ménagé au dîner, ne doute de rien, et prenant le cor, applique l'cmboucbrjre sur ses lèvres en soufflant et roulant les yeux. On commence un trio, pendant lequel Dubourg bat la mesure. Toutes les fois que le cor doit chanter on n'entend rien , parce- que Ménard a beau souffler il ne trouve pas l'embouchure; mais Dubourg paraît satisfait, et, se tournant vers la société, il dit: « Je n'ai m jamais entendu un jeu aussi doux!...
» on ne croirait pas que c'est un cor.»