CHAPITRE VIL
baron. C'est madame Chambertin qui leur a écrit de venir, parce qu'elle met tout en usage pour retenir l'aimable seigneur, et tous les jours elle répète à son mari : « Vous ne sentez pas tout » l'honneur que M. de Potoski vous fait » en logeant chez vous !..... vous ne le » devinez pas !... » Et M. Chambertin répond : « Je vous assure, ma chère » amie, que j'en suis glorieux'..,, et » que je ferai tout pour le retenir. — » Ah ! vous ferez bien, Monsieur, car » sou départ me causera un grand » vide !... C'est un homme bien difficile » à remplacer !... il est noble jusqu'au » bout des doigts !... »
Mais déjcà tout est en mouvement chez M. Chambertin, où l'on fait de grands préparatifs pour la fête nouvelle, dont le héros sera encore le charmant étranger. M. Chambertin paraît vouloir se surpasser; il a fait venir des ouvriers, qu'il fait travailler mystérieusement
daus son jardin , et c'est toujours du côté du kiosque qu'il semble les diriger; il ménage quelque surprise à son hôte; et comme on a parlé de son dernier feu d'artifice à six lieues à la ronde, il veut, cette fois , que l'éclat en rejaillisse jusqu'à Lyon.
Le grand jour est venu : une société nombreuse arrive chez M. Chambertin, qui est enchanté de ce qu'il a imaginé pour surprendre le baron, et n'a pas même voulu en faire confidence à sa femme. De nouvelles figures sont venues augmenter le cercle réuni chez le ci-devant marchand devin. On sert un repas brillant; les mets sont choisis, les vins délicieux, et c'est Dubourg qui fait à peu près les honneurs de la table, parce qu'en appelant son hôte mon ami d'Allevard, il est certain de lui tourner la tête. Puis il dit tout bas à madame : a Deux fois heureux le jour » où je vous ai rencontrée! » A quoi