CHAPITRE Vil. îSt
clignant des veux, en tournant sa bouche, et en faisant de telles grimaces, qu'il n'est pas probable que son créancier puisse le reconnaître.
M. Durosey ne s'est pas arrêté devant Dubourg j celui-ci se rassure et se met au jeu avec un peu plus de calme. Cependant de temps à autre, il jette un coup d'œil dans le salon, et lorsqu'il rencontre les regards de son ancien traiteur, il croit voir que celui-ci l'examine avec attention ; mais alors Dubourg refait des mines, des grimaces, et tâche de se donner un tic, en tournant continuellement son nez et sa bouche vers son oreille gauche.
Cependant la présence de son créancier le gène, le contrarie ; Dubourg n'est plus à son jeu, il se trouble, il perd la tète, et son argent passe insensiblement du côté de son adversaire.
Dubourg veut doubler, tripler les enjeux ; le riche propriétaire y consent,
ï'6'2 SOEUR ANNE.
n'ayant rien à refuser à M. le baron.
Une partie de la sociéié entoure la table, sur laquelle on voit des billets de cinq cents francs, et M. Durosey se place justement en face de Dubourg, qui ne peut pas lever les yeux sans rencontrer ceux de son créaucier, et qui pour comble de malheur a toujours la veine contre lui. En une demi- heure, sa caisse de voyage est passée en d'autres mains, et Dubourg se lève en annonçant qu'il va chercher des londs.
Mais comme il se dispose à aller s'adressera son ami Chamhertin, pour lui emprunter quelques billets de mille francs, avec lesquels il espère rattraper ce qu'il a perdu, car un joueur espère, jusqu'à ce qu'il soit à l'hôpital, le traiteur , qui n'a pas perdu de vue M. le baron, ie suit et le rejoint dans l'embrasure d'une croisée... il n'y a pas moyen de l'éviter. « Comment se porte »M. Dubourg, » dit-il à celui-ci d'un