‹ Soeur Anne (volume 4)Chapitre 215 sur 246 · CHAPITRE VII. / l · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII. / l

air goguenard. «Dubourg!... qu'est- » ce à dire Dubourg?.... » répond le faux baron, en faisant jouer son nez et la bouche plus fort tjue jamais.

« Oh! j'ai bien l'honneur de recon- » naître monsieur, » répond le créancier d'un ton plus haut; « mais je ne » savais pas que c'était un baron po- » louais..? — Chut! silence, moucher » M. Durosey, » dit Dubourg, qui voit bien qu'il n'y a pas moyen de tromper le traiteur. «Je ne vous avais pas re- » connu d'abord.. . mais maintenant je » vous rcmels parfaitement.... je suis » enchanté de vous revoir. — Et moi » aussi, Monsieur 5 vous me paraissez » fort à votre aise maintenant, puis- » que vous jouez des cinq cents francs » à la fois à l'écarté, et j'espère que » vous me solderez les quatre cents

» francs que — Oui oui, avec

» grand plaisir... ce soir même je vous » les donnerai En quittant Paris

» j'avais oublié celte misère!... — Ce- » pendant je suis allé plus de vingt » fois chez Monsieur, quand il de- » meurait au cinquième, rue d'Enfer...

» et encore rue de.... — Chut!.... je » sais tout cela, silence, M. Durosey.

» Depuis ce temps, je suis rentré dans » mes biens, dans mes titres... vous » allez être payé dans un moment. — » Oh! alors vous pouvez compter, j> M. le baron, que ceci restera entre » nous. »

Dubourg s'éloigne de M. Durosey, et se dispose à chercher Chambenin , lorsque celui-ci entre dans le salon en criant: « Au jardin toute la société, » on va tirer le feu d'artifice. »

Dubourg s'approche de son hôte et lui dit: «J'aurai quelque chose à vous » demander.... — Après le feu, M. le » baron, je serai tout à vous... mais n veuillez vous rendre dans le kiosque, » je me flntte que vous y verrez aussi

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* bien^ue la dernière fois... ma femme » va vous y conduire... »

M. Cliambertin s'éloigne d'uu air malin, et Dubourg se dit: «Parbleu!

» c'est assez plaisant qu'il m'envoie dans » le kiosque avec sa femme. » Il descend dans le jardin et trouve madame Chambertin qui se rappelait le dernier feu d'artifice' et attendait M. le baron pour en avoir une seconde représentation. Madame ne demande pas mieux que de retourner dans le^petit kiosque, d'où l'on voit si bien et oTr^'on est assis très-commodément, ce qui sera nécessaire, car elle h recommandé à son mari de faire durer le feu fofx long-temps.

Les fusées partent, les girandoles, les iransparens !..,.' mais quand on est au bouquet, M. Chambertin dit à la société assemblée dans le jardin : «Tour- » nez-vous vers le kiosque, et Regardez » bien ce que vous allez voir... c'est là » qu'est la surprise. »

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Tout le monde se porte vers le kiosque, M. Charabertin donne le signal, la clôture du pavillon tombe comme par encliantemeni; le toit Seul reste soutenu par quatre colonnes, et une mèche enflammée allume rapidement quatre pots à feu placés en secret dans l'intérieur, et un transparent sur lequel est écrit: Au baron Potoski, de Chambertin reconnaissant.

C'était à cette surprise que M. Chambertin faisait travailler en secret depuis quelques jours; mais il ne s'attendait pas à celle que son ami le baron- lui réservait: les nétards, les fusées, la démolition du kiosque avait été si prompte, que le couple renfermé là, n'avait pas eu le temps de quitter sa conversation, et elle parut fort .animée a toute Ja socieie.

Les hommes rient, les dames se môrJ dent les lèvres pour ne pas en faire autant. Ménard, qui est derrière là foule

Ri

CHAFIT

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s'écrie: a Expliquez-moi donc le transparent, »Wm. Chambertin reste stupéfait.

Tout cela a été l'affaire d'une minute ', il n'en faut pas davantage à Dubourg pour sentir* ce qui lui reste à faire. Il n'a plus le sou, il a retrouvé là un créancier, il ne peut plus rien espérer de son ami Ghamberiin , que des coups de bâton, à défaut de coups d'épée; il faut donc se hâter de quitter sa maison. ÉÊ r^L ^

Les pots à feu sont éteints; madame Chambertin s'est évanWne , c'est ce qu'elle avait de mieux à faire. Dubourg profite de la fumée quwK remplacé la lumière, il saute dans le jardin, se perd dans la foule qui entoure le kiosque, se jette dans une allée, yjJÉuss Ménard, qui courait après luiflet- lui ordonne de se taire, sous pe^^ul'êlre assommé. Au bout .de celte HK , es une petite porte qui donne sur la ça*-

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pagne; Dubourg l'ouvre, t'ait sortir Ménard, qui ne sait pas où iFen est, et s'imagine que le feu a pris chez leur ami Chamberlin. Dubourg referme la petite porte, en jette la clef dans les champs , puis gagnant la campagne :

« Allons, dit-il à son compagnon, en » avant , et au pas redoublé. Nous » avons bu dans la coupe des voluptés, » il faut maintenant nous remettre au » régime, cela nous fera du bien. C'est » à présenî^diLfaut dire: Non est bea- » tus qui cupida possiJet , sed qui ne- » gâta 7io7i e^m. — Amen ! « répond Ménard , eu trottant à côté de Dubourg.

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