CHAPITRE VIII
» Tenez , je vous avouerai à présent , » que Frédéric m'a dit qu'il voulait » mettre la petite daus ses meubles...
» — Comment , M. le baron , vous ne » lui avez pas représenté... — 11 est » assez grand pour faire ses volontés. » Au reste , calmez-vous , j'irai dans le » bois.., j'irai seul d'abord pour ne pas » le fâcher j et s'il veut m 'entendre , je » le ramènerai avec moi. Mais en at- » tendant cela , il faut que nous vi- » vions. Combien possédez - vous » d'argent ? — Dix écus , environ. — » C'est peu de chose ; mais en vivant » avec économie , cela nous mènera #) quelque temps.... A Ja vérité , nous » nous nourrirons frugalement... mais
» cela nous fera du bien Tous ces
» grands dîners vous échauffent ; c'est » très-mal sain de manger tous les jours » de ciDq ou six plats, et de boire de pin- » sieurs sortes de vins. — Il me semble » cependant, M. le baron, que nous
» engraissions tous deux chez M. Cham- » bertin? — Oui,, mais cela nous a 11- » mit joué un mauvais tour; un petit » ordinaire bien simple arrêtera cette » tendance à l'accroissement. Les dé- » lices de Capoue amollirent les Cartha- » giuois ; la table de M. Chambeniu «aurait produit sur nous le même effet » et j'en aurais été désespéré. Décidé- » ment, je vais reprendre l'incognito.
» — Ah I cette fois je suis de votre avis, » M. le baron 5 car si ces Turcs vous re- » trouvaient.... — C'est aussi pour cela » que je crois qu'il ne serait pas pru- » dent à nous de retourner à Grenoble, » où je pourrais être arrêté... c'est-à- » dire enlevé par ces drôles -là. D'ail- » leurs , sans argent , nous serions mal » reçus par notre hôte, qui prétendrait, » je gage , que sa voiture vaut mieux » que la nôtre; nous éviterons de passer » par cette ville; et nous irons, avec » vos dix écus , nous loger dans qu"!