CHAPITRE VIII
» que pelil bourg... — Mais quand nous
» n'aurons plus rien, M. le barou
» — Oh! parbleu! nous verrons; il ne » faut pas s'inquiéter d'avance. .. Fré- » déric écrira à son père.... — Je crains » que M. le comte ne se fâche... — J'é- » crirai à ma tante... — A votre tante, » M. le baron? — C'est-à-dire à mon » inteadant. Enfin, nous trouverons
» quelques ressources! D'ailleurs
» quand nous nous chagrinerions, en » serait -il autrement? Prenons donc » notre parti.... Tenez, il fait un temps » superbe, uofts ne sommes plus fati- » gués; remettons-nous en route. Ma » foi , pour admirer le paysage, ii n'v » a rien de mieux à faire que de voya- » ger à pied.... Allons, mon cher Mé- » nard, rappelez votre courage!... Dent puis que nous sommes ensemble nous » avons déjà eu bien des hauts ci des « bas... m'en avez- vous vu plus triste? » — Ah! M. le baron, tout le monde
» n'a pas votre philosophie. — Je vous » formerai. Songez aux infortunes de » Marius d'Annibai,dupriuceEdouard; » à la pauvreté de la petite-fille d'Henri » IV, aux malheurs de Marguerite » d'Anjou, et à tant de grands per- » sonnages qui se sont trouvés dans des » positions beaucoup plus difficiles que » la nôtre, et plaignez- vous encore, » si vous l'osez ! »
Les voyageurs se remettent en route.
Il était assez curieux de voir Dubourg en grande toilette, en jabot et en minces escarpins, marcher près de Ménard, qui avait la culotte de drap de soie, les bas noirs et les souliers à boucles, et qui, dans ce costume, était souvent forcé de gravir des montagnes, de franchir des fossés, et de marcher sur un terrain fort inégal. Heureusement que ces messieurs avaient pris leurs chapeaux pour aller voir le feu d'artifice, sans quoi ils auraient pro-