‹ Soeur Anne (volume 4)Chapitre 221 sur 246 · CHAPITRE VIII. I · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII. I

bablement parcouru le Dauphiué envoi sins.

Au point du jour, ils entrent dans une maison de paysan, et s'y font donner à déjeuner. Dubourg commande une omelette et fait apporter du petit vin de vigneron. On sert le déjeuner à ces messieurs, qui le prennent sous une tonnelle, entourés d'animaux domestiques qui viennent leur faire société.

« Que l'on est bien au grand, air, »

dit Dubourg; c toutes les salles dorées, » toutes vos antichambres valent-elles » cette campagne... cette douce liberté » dont nous jouissons a celle table.! — » Il est certain, » dit Ménard e<n chassant un gros chat qui revenais ;contiuuellemenl mettre sa patte daus son assiette;.» il est certain qu'on est très -libre » ici... et qu'il n'y règne aucunegêne... » Allous, voilà le chien, à présent, qui » vient me prendre mon pain.... — Eh!

» M. Ménard, il faut que tout le monde

» vive. Du temps de nos premiers pa- » rens, ces innocens animaux parla- » geaient le repas de leurs maîtres ; le » lion venait manger dans la main, et » le tigre se jouait sur les genoux de » l'homme. — Vous conviendrez, M. le » baron, que ces animaux -là ont bien «changé de caractère. —C'est égal; » j'aime tout ce qui me reporte à ce » temps d'innocence... En voyant celte » poule qui trotte sur notre table, et » ce canard qui vient barbotter à nos » pieds, je me crois à l'âge d'or.... II » n'y a que lorsque je fouille dans ma «poche que je m'aperçois de l'illu- » sion. »

Malheureusement les œufs de l'omelelte n'étaient pas frais, et le petit vin était aigre, Ménard fait la grimace à chaque bouchée qu'il avale et à chaque coup qu'il boit, tandis que Dubourg dit: ce Je ne connais point de manger » plus sain qu'une omelette!..-. En tel

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