CHAPITRE VIII
» pays que vous voyagiez . en tel lieu » que vous vous trouviez , s'il y a des » œufs, vous avez une omelette !... Par- » tout on sait les faire ; c'est un mets yy universel , c'est le plat de la nature. » — Si du moins les œufs étaient frais. » — Ma foi, ce petit goût de paille n'a » rien de désagréable , cl peut , au be- » soin, remplacer l'estragon. Et ce vin. ., » je réponds bien qu'il ne nous fera pas «mal. — Il est diablement aùjre ! — » Preuve qu'il est naturel. ! »
Malgré tout ce que dit Dnbourg pour faire trouver à Ménard le déjeuner excellent , celui-ci répète en se levant : « Je crois qu'il faut aller retrouver » -M. Frédéric de Montreville; » et Dubourg dit en lui-même : « Il me rece- » vra bien quand il saura qu'en un » mois j'ai encore fait sauter la caisse!... «Comment diable me tirer delà!....
» D'ailleurs qu'irai-je lui demander » quand il m'a tout donné? Je ne peux
» plus aller lui faire de la morale
» cela ne mirait pas ; et je crois , au » contraire, qu'il faudra que j'engage » Ménard à venir aussi habiter dans » quelque coin du bois; nous nous fev rons ermites , et je ne jouerai plus à » l'écarté. »
Les voyageurs ont tourné autour de Grenoble sans entrer dans la ville : ils s'arrêtent dans un petit hameau, et Ménard parle encore d'aller trouver Frédéric. Dubourg , impatienté , lui dit qu'il va se rendre seul à Vizille pour en apprendre des nouvelles. 11 sort du hameau y gagne un petit bois, s'y étend sur l'herbe, y dort toute la journée , et revient le soir vers Ménard , en te^ nant son mouchoir sur ses yeux , et en poussant de gros soupirs.
« — Eh bien ! que lui est-il donc ar- » rivé? p demande le précepteur avec inquiétude. — « L'ingrat ! . . . l'étourd i ! . . . » le fou !... — De grâce , M. le baron ,