‹ Soeur Anne (volume 4)Chapitre 223 sur 246 · CHAPITRE VIII. 20D · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII. 20D

» parlez.— Je me doutais bien qu'il » ferait quelque folie... Il est parti avec » sa belle. Depuis quinze jours ils ont » quitté le bois... — Ah! mon Dieu!

» que va dire M. le comte ?... que lui » répondrai-je quand il me demandera » ce que j'ai fait de son fils ?...— Vous lui » répondrez que vous lavez perdu. — » Pensez-vous, M. le baron, qu'une telle » réponse le satisfasse ? — Alors vous lui » direz qu'il s'est perdu lui-même. Mais » calmez-vous, mon cher Ménard ; je » vous réponds que nous retrouverons » Frédéric. J'ai des amis dans toutes les » cours de l'Europe j le jeune homme » nous sera rendu. »

Cette promesse calme un peu Je pauvre Ménard, et Dubourg reprend :

« Avant de nous occuper de lui, com- » mençons par songer à nous , dont » la position n'est pas fort brillante. » Ce n'est pas dans ce misérable ha- » meau que nous trouverons des res-

» sources ; gagnons la ville voisine

» et surtout , mou cher Ménard , tâchez » de vous défaire de cette mine pileuse » qui donnerait fort mauvaise opinion » de nous dans toutes les auberges où » nous nous arrêterons. »

Les voyageurs se remettent en marche et arrivent à la nuit a Vorcppe , petite ville située à deux lieues de Grenoble. Dubourg se fait indiquer la meilleure auberge , et s'y rend avec Ménard. Us entrent dans la salle commune aux voyageurs , Dubourg la tête haute et l'air déterminé ; Méoard les yeux baissés et la démarche très-modeste.

Plusieurs voyageurs sont rassemblés et causent dans la salle en attendant le souper. « Ces messieurs souperont-ils à » table d'hôte? » demande la servante, « — Oui, sans doute, «répond Dubourg, « nous aimons la société... n'est-il pas » vrai, mon ami? — Oui, M. le ba... ;

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