CHAPITRE VIII. 2l
clame en agitant son bras droit comme s'il voulait nager :
« Oui , puisque je retrouve un ami si fidèle , » Ma fortune va prendre une face nouvelle ; » Et déjà son courroux semble s'être adouci » Depuis qu'elle a pris soin de nous rejoindre ici. »
Ménard regarde Dnbonrg , d'un air effaré, a Vous l'avez retrouvé? lui dit- » il , qui donc , mon élève ?... est-ce » qu'il vient nous rejoindre ici?»
Dubourg marche sur le pied de Ménard, parce qu'il s'aperçoit que Floridor , au lieu d'aller se mettre à table , s'arrête et l'écoute avec attention. 11 prend le bras du précepteur et s'écrie :
« Est-ce toi , chère Elise ? ô jour trois fois heureux 1 » Que béni soit le Ciel qui te rend à mes vœux ; » Toi, qui de Benjamin, comme moi descendue, » Fus de mes premiers ans la compagne assidue. »
« Délicieux !... délicieux !... » s'écrie M. Floridor en frappant dans ses mains,
2l4 SŒUR ANNE.
tandis que Ménard , roulant des yeux ^étonnés autour de lui , cherche celte Elise dont M. le baron vieut de parler; et n'apercevant que la servante de l'auberge, lui demande si c'est elle qui s'appelle Elise.
« Monsieur est artiste ? » dit Floridor en s'avauçant vers Dubourg, la casquette à la main.aMoi, Monsieur, j répond celui-ci en feignant d'être surpris et fâché d'avoir été entendu.
«Moi... je vous jure, Monsieur.... et » sur quoi fondez- vous un pareil juge- » nient?» dit-il en grossissant sa voix comme un traître de mélodrame. — « Sur quoi '....«s'écrie le petit homme qui est enchanté, et prend la main de Dubourg qu'il serre dans la sienne. « AU! » Monsieur'.... vous vous êtes trahi tout » à l'heure saus vous en douter... mais 3> sans cela même je vous aurais recon- •>■> nu... Cette voix, celte tournure, ces » poses nobles et majestueuses !... il n'y