‹ Soeur Anne (volume 4)Chapitre 230 sur 246 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

à l'auberge du Soleil-d'Or, el qu'il va faire tous ses efforts pour les engager à donner dans la ville quelques représentations. Le perruquier quitte le tour de la greffière, qu'il était en train de friser, et va dire celte nouvelle à toutes ses pratiques , les pratiques lu disent à leurs voisins , chacun se la repasse de maison en maison, ainsi qu'au jeu du corbillon , et comme la ville de Voreppe n'est pas très-considérable, avant de se coucher tous les habitaus savaient qu'ils possédaient dans leurs murs deux grands laleus qui voyageaient incognito.

M. Floridor est revenu, on se met à table. Dubourg met Ménard auprès de lui , afin de pouvoir lui souffler ses réponses, et le directeur du spectacle se place de l'autre côlé (le Dubourg ; tous les autres convives témoignent beaucoups d'égards aux deux voyageurs, parce qu'ils voient que M. Floridor les

traite avec la plus grande considération, et que dans le monde on fait souvent ce qu'on voit faire, sans trop savoir pourquoi on Je fait.

Le petit directeur parie toujours , Dubourg lâche de temps à autre les tirades qui lui reviennent à la mémoire, et Ménard se concentre dans son assiette.

« Saurai-je enfin , dit Fioridor , avec » qui j'ai le bonheur de souper r — »Nous ne voulions pas être connus, »dit Dubourg , mais après les honnê- » télés dont vous nous accablez, il «nous seraii difficile de vous taire quel- » que chose. Vous voyez en nous les » deux premiers acteurs de Cracovie , • qui profilent d'un congé pour vova- »ger en France, et se perfectionner »dans la langue française, qui est «celle dans laquelle on joue en Polo- » gne , ce qui fait que notre théâtre » n'est fréquenté que par les gens dis- » lingues du pays... c'est à l'instar des

Page 1