CHAPITRE Vill
m bouffons de Paris... — J'entends!...
» j'entends... et quel genre jouez-vous? « — Tous! depuis la pantomime jus- » qu'au grand opéra. Mon camarade » Wolowitz , que vous voyez , est le » Fleury de la Pologne, et j'ose dire » que j'en suis leTalma.... Ah! si vous » nous voyiez tous les deux dans les » Chasseurs et la Laitière !... mais ici » vous ne jouez pas l'opéra ? — Par- » donnez-moi , l'opéra , l'opéra-eomi- » que , sans musique, à la vérité, parce » que nous n'avons pas encore d'or- » chestre ; mais , si vous daignez céder » à nos vœux , que noire ville sera heu- » reuse de voir sur son théâtre deux » artistes tels que vous... — Il est cer- » tain que nous sommes terriblement «aimés en Pologne!... Ah! quand » nous jouons dans un endroit on nous «jette toujours quelque chose!... Ça » ne manque pas... Te rappelles-tu , » Wolowitz.... à.,. Smoleusk... Nous
» avons joué le Déserteur et le Chien » de Montargis*.* C'est toi qui faisais «l'assassin. Hein?.. Te souviens-tu de » l'effet que nous avons produit?.. »
"Wolowitznelui répondait pas, parce qu'il ne savait pas encore son nom, mais Dubourg lui donne , par dessons la table, quelques coups de pieds qui lui font lever la tète , et il répond en continuant de manger : « Oui, M. le baron.
» Voyez-vous f il m'appelle encore » le baron , dit Dubourg, il croit tou- » jours être en scène!... »
Et un autre coup de pisd l'appsl's à Ménard qu'il vient de dire une bêtise , et il marmote à l'oreille de Dubourg : « Dites-moi donc votre nom alors , » je ne peux pas le deviner.
» — Quand on voyait sur l'affiche :
» Boleslas et Wolowitz , reprend Du- » bourg en regardant Ménard, la foule » encombrait la salle et nous étions » assommés de couronnes.
» — Oh! vous en aurez ici, dit M. Flo- » ridor, on vous en jettera. J'en ai » fait faire exprès une douzaine , que » je ferai jeter sur la tête de mes ac-
» teurs... Vous aurez aussi des vers
«des quatrains!... j'ai de tout ça — » — Vous avez raison , cela fait tou- » jours bien , cela flatte l'artiste et «éblouit le public. — Ah! Monsieur » Boleslas..., pnis-je espérer que vous «consentirez à nous donner quelques » représentations avec votre camaj» rade «
Dubourg se fait prier, ils ont, ditil , fait serment de ne jouer sur aucun théâire de France. Fioridor les presse , les conjure, et fait apporter une nouvelie bouteille de vin. Ménard est attendri par le souper et les honnètete's du petit directeur; et en sortant de table il jouerait tout ce qu'on voudrait; mais Dubourg ne cède pas aussi facilement , parce qu'il veut se faire payer
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cher. Floridor ne le quitte pas, il est prêt à se jeter à ses genoux, ii fera , dit-il , des sacrifices pour ouvrir son théâtre avec deux talens aussi remarquables ; enfin il offre à ces Messieurs cent francs pour quatre représentations, ce qui est une somme énorme pour un spectacle joué dans une écurie , eî Dubourg se rend , en assurant qu'il ne le fait que pour lui rendre service.
Le petit homme est transporté , il fait sur-le-champ trois affiches , qu'il doit coller le lendemain matin dans la ville , et qui apprendront aux habitans que MM. Boleslas etWolowitz, célèbres acteurs polonais , joueront sur leur théâtre.
« Nous désirons ouvrir par Phèdre » et le Devin du Village , dit Flori- » dor. — Oh! mon Dieu , cela nous est » indifférent , répond Dubourg , tout » ce que vous voudrez !.. — En ce cas » nous débuterons par-là. — Volon-