CHAPITRE VIII
On passe irois jours à faire des répétitions, et le jour delà représentation arrive. Ménard ne sait par cœur (jue son entrée, mais il la sait fort bien, et Dubourg lui a dit que cela suffisait. Ce dernier ne sait pas un mot de son rôle, mais il ne s'en inquiète nullement. Le malin de la représentation il ;j soin de se faire payer d'avance les cent francs convenus avec Floridor, en lui disant que c'est l'usage en Pologne. Le potit directeur lui compte la somme, que Dubourg met dans sa poche.
On apporte à l'auberge les costumes qui doivent servir pour Phèdre, a Est- » ce qu'on ne s'habille pas au théâtre , » demande Dubourg au directeur. — a Nous n'avons pas de loges pour cela , » chacun s'habille chez soi; mais comme » il fait beau, cela n'a aucun inconvé- » nient. — 11 me iaudra donc traverser » la ville en Hippolytc? — Le théâtre » n'est qu'à deux pas de votre auberge ,
» fit vous pouvez jouer ce rôle-là en » bottes, puisqu'Hippolyte est un chas- » seur. — C'est juste. — A défaut » d'arc , que nous n'avons pas, vous » prendrez un vieux fusil , que je » vous ai fait apporter j la baguette re- » présentera les flèches. — C'est très- » bien. — Quant à la perruque , je » crois que vous en serez content ; » comme il faut qu'Hippolyte ait des » cheveux qui tombent en boucles sur » son cou , je vous ai fait arranger » une perruque à la Louis XIV , qui- » remplira parfaitement votre objet. »
Le directeur est parti, et Dfctbourg se fait habiller par Ménard , qui n'étant que du troisième acte , a tout le temps de faire sa toilette. Dubourg ^arde son pantalon noir , dans lequel sont les cent francs, que, de crainte d'événement, il veut avoir sur lui. Il passe par-dessus un large pantalon de nankin, met un gilet de piqué blanc,