‹ Soeur Anne (volume 4)Chapitre 236 sur 246 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Tout le monde est prêt, Phèdre a une robe à la Marie- Stuart , un bonuet à la folle» et des mouches jusques sur le nez. OEnone, pour se donner l'air méchant, s'est habillée en rouge et en noir, et s'est fait une légère paire de moustaches , parce que Dabourg lui a dit que cela annoncerait une femme à caractère. Le compagnon menuisier a, au contraire, sacrifié de naissans favoris pour représenter Àricie; on lui a mis une robe de perkale blanche et une guirlande de roses dans les cheveux , et il imite assez, bien la voix de femme, tout en continuant de mâcher du tabac.

Le perruquier, qui fait Théramène, s'est coiffé à la François Ier, et a mis un costume espagnol, avec son sabre de garde national en guise d'ëpée.

Quant aux deux autres confidentes, c'est Floridor , qui, de son trou, doit réciter leurs rôles. On n'attend plus il. 20

que Thésée pour commencer . et il ne vient poiut, mais il n'est que du troisième acte. « Commençons toujours, dit le directeur, le public » s'impatiente , il ne faut pas le faire » attendre davantage , Thésée sera » certainement arrivé avant le troi- » sième acte. — Il n'y a pas de doute, x> dit Dubourg, c'est sa toilette qui le » retient. C'est un homme très-sévère » sur l'exactitude des costumes, et » il ne met pas une épingle qui ne soit » de tradition. »

Le directeur , qui est à la fois souffleur, régisseur et macbiniste, frappe les ti*ois coups, puis tire le rideau, qui ne veut d'abord laisser voir que la moitié de la scène; mais, avec le secours de deux spectateurs qui montent sur le théâtre, on parvient à le tirer entièrement. Alors M. Floridor descend dans son trou avec son bougeoir à la main, et la pièce commence.

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