‹ Soeur Anne (volume 4)Chapitre 237 sur 246 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Lorsque Dubourg paraît en scène , s'entoriillant majestueusement dans son manteau, le public laisse échapper un murmure d'étonnement qui n'est pas précisément de l'admiration; car, avec sa perruque, son rouge qui lui coule sur les joues, et son vieux fusil sur l'épaule, Dubourg n'est rien moins que beau. D'après la tête qu'on avait aperçue un moment, on avait présumé voir un bel homme, de haute stature; mais au contraire le manteau l'e'crasait, et Théramène , étant très -grand , le rapetissait encore, a C'est uu Polonais, » se dit-on dans la salle, « Il est bien >» laid! disent les demoiselles; mais on » assure que c'est un grand talent!... »

Dubourg roule ses yeux d'une façon effrayante pour se donner de la physionomie; taudis que le malheureux Théramène, dont la tète touche les frises., est obligé de se tenir courbé pour que sa coiffure n'enlève pas les toiles d'arai-

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gnées qui se Irouveat au plafond du palais.

Dubourg, qui n'est pas timide , débite son rôle en criant comme un sourd, et gesticule avec tant de chaleur, qu'avant la fin de la première scène Théramène a déjà reçu deux soufflets d'Hippolyie. Au troisième, le perruquier commence à se fâcher , et dit entre ses dents : « Sucrebleu, prenez doncgarde! . . » si vous y allez de cette force-là, je » serai comme une pomme cuite avaut » la fin de là pièce. » Mais le publie, trouve celte chaleur admirable; il appi.mdit, il crie bravo !.... Dubourg va son train, et une femme enceinte, placée au par:erre, est obligée de sortir, parce qu'elle craint que les contorsions d'Hippolyte ne la fassent accoucher.

Le premier acte marche assez bien; cependant le public montre un peu d'étonnement lorsqu'au lieu de voir arriver Panopc, il entend le souffleur dé-

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