‹ Soeur Anne (volume 4)Chapitre 240 sur 246 · CHAPITRE VIII. 24l · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII. 24l

turban ; il a quelque peine à se décider à endosser ce vêlement jaune , et à mettre du fard sur ses joues vénérables; il faut qu'il se rappelle à chaque instant Roscius , Garrick et Molière, pour ne point renoncer à jouer la comédie.

Mais il a promis ; l'engagement est pris; M. le baron , seigneur polonais , lui donne l'exemple,... il faut se plier à la circonstance.

Après s'être donné beaucoup de peine, il est parvenu enfin à se costumer en Thésée. 11 se mire , se sourit , ne se trouve plus si mal; il s'échauffe en songeant qu'il va représenter le roi d'Athènes ; repasse son rôle dans sa tête et surtout son entrée , puis sort de sa chambre pour se rendre au théâtre en se disant : siefata volunt.

Dans ce même moment un voyageur vient d'arriver à l'auberge dans une bonne voiture. Tout annonce un homme riche , un homme du grand

monde. L'aubergiste s'empresse de lui demander ses ordres. Le voyageur, qui est un petit vieillard maigre, et dont la iigure annonce ia sévérité , s'informe d'un ton fort bref des voyageurs arrivés depuis peu dans la ville , et après la réponse de l'hôte , s'écrie : « Je ne » saurai donc pas ce qu'ils sont deve- » nus !... — Monsieur soupera-t-il ?

» demande l'aubergiste. — Non, je n'ai «pas faim.... Qu'on ait soin de mes «chevaux... Peut-être repartirai- je >; bientôt ; donnez-moi une chambre » où je puisse être tranquille un mo- » ment. «

Le ton du voyageur ne permettait pas de faire la conversation. L'aubergiste s'empresse de prendre de la lumière et de conduire ce nouveau personnage. En montant l'escalier on se trouve face à face avec Ménard , qui descendait majestueusement l'escalier en déclamant :

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