CHAPITRE III
» désœuvrement que par plaisir, tout » cela me déplaît. Je ne vais dans le » monde que depuis deux ans et demi, » et j'en suis déjà fatigué ; enfin , a voici mon projet.... — Est-ce que tu » veux te faire ermite? — Non , mais » je veux quitter Paris pour quelque «temps; je veux voyager, parcourir » divers pays : c'est de cette manière , » c'est en comparant les mœurs , les » usages des habitans de ce globe ; c'est » en admirant les merveilles, les beau- » lés de la nature que l'on se forme » l'esprit , le jugement; que l'on agran- » dit ses connaissances, et que le cœur » éprouve des jouissances qu'il ne pour- » rait trouver dans ces réunions for- » niées par la mode, l'étiquette et le » désœuvrement.
» Supérieurement pensé ! » dit Dubourg en se levant de sa bergère , « il faut voyager , mon ami , il n'y » a rien de plus utile pour la jeu-
» nesse. Mais quand on voyage seul ou » s'ennuie ; on n'est heureux qu'à demi » lorsque l'on n'a personne à qui l'on » puisse communiquer les sentimens » que font naître un site enchanteur , » un monument antique, une ruine im- » posante!... D'ailleurs, tu es trop jeune » pour courir seul le monde ; il te faut « un compagnon sage, éclairé, expé- » rimenté surtout ; eh bien ! mon ami , » je m'offre pour être ton Mentor. — » J'allais te le proposer, mon cherDu- » bourg. — Parbleu, c'est avec grand » plaisir ! . . . — Mais n'as-tu rien qui » te retienne à Paris ? — Oh ! rien du >■> tout, pas même un lit de sangle! — » Peut-être quelque attachement de » cœur ! — Oh ! pour des attachemens , » je ne suis pas comme toi, moi ! J'en » ferai tout Je long de la route ; ou, » pour mieux dire je n'en ferai plus.
» C'est fini! je veux être sage, rangé -, » tu seras édifié de ma conduite. —