CHAPITRE III
«Allons, mon cher Dubourg , voilà >* qui est décidé ; nous voyagerons en- » semble!
» Ha ça! il n'y a plus qu'une petite » difficulté : et ton père, s'il ne veut » pas que tu voyages ? — Oh ! je ne » pense pas qu'il s'y oppose, je lui ai » déjà dit quelques mots à ce sujet , » et il a paru au contraire m'approuver. » — Alors tout va le mieux du monde; » mais lui diras-tu que tu m'emmènes ? * — Pourquoi pas ? Je dirai qu'un de » mes amis , voyageant aussi , pourra » m 'accompagner quelque temps... — » Soit! arrange tout cela pour le mieux » si cela est nécessaire tu me présen- » teras à ton père , qui ne me connaît » qu'imparfaitement, et tu verras comme je sais me donner un air noble et » imposant. Surtout ne parle pas de » l'argent de ma tante, de la petite «Delphine, de mon prétendu mariage » et de mes trois jumeaux.... —Sois i. 6
» tranquille. — Quanta ma famille, si » elle n'est pas noble , cela ne l'empê- » clie pas de valoir celle du comte de » Montreville , et d'être fort considérée » en Bretagne. — Eh ! mon Dieu, je d sais tout cela. — Ce n'est pas pour » toi que je le dis, c'est pour ton père. » Ainsi , voilà qui est convenu ; il est » déjà grand jour, j'ai assez dormi, » mais tu as besoin de repos. Couche- » toi ; dans la journée tu parleras à ton » père, et tu viendras me rendre ré- » ponse. Je t'attendrai sur les six heures » au café de la Rotonde. — C'est en- » tendu. —Ah!... j'oubliais !... prête- » moi une douzaine de louis ; je t'en » dois déjà une trentaine , mais nous » compterons au premier envoi de ma » tante. — C'est bien! ... Eh! entre » amis, est-ce qu'on doit compter ! . . . . » — Ah ! mon cher Frédéric , il n'y a » pas beaucoup d'amis comme toi. »
Dubourg met dans sa poche les dix