‹ Soeur Anne (volume 4)Chapitre 4 sur 246 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

>> que mon sous-chef qui gagnait mille » ëcusj à la rigueur même, j'aurais dû » ne travailler que moitié moins. Or, » comme mon sous - chef qui arrivait à » midi pour s'en aller à quatre heures, » passait ce temps à lire les journaux , »> tailler ses plumes, faire la causette, » s'adosser au poêle l'hiver et aller pren- » dre l'air l'été j je trouvai tout simple » de ne pas arriver plus tôt que lui, de » ne point rester plus tard ; d'être une » heure pour lire le Moniteur, trois » quarts -d'heure pour le Gonstitution- » nel et cinq pour les Débats ; de mi- » rer ma plume fort long -temps avant » de lui rafraîchir le becj de regarder, » sans y toucher, la besogne qui était » devant moi, de feuilleter quelquefois » pendant une heure un dossier, pour » le remeure ensuite à sa place, le tout » sans avoir eu l'intention de rien écrire » dessus; enfin, de mettre pour aller » acheter un petit pain , le temps qu'il

» m'aurait fallu pour me rendre de Pa- » ris à Saint -Cloud. Cette conduite, » dictée par un esprit de justice, ne » fut pas du goût de mes chefs ; ces m messieurs, qui voulaient me forcer à » beaucoup travailler, afin de n'avoir » rien à faire, trouvèrent fort mauvais » que je m'avisasse de les imiter; ils » firent contre moi uu rapport au mi- » nistre, je fus destitué. À la vérité on » m'offrit, un peu plus tard, de ren- » trer comme aspirant surnuméraire; » niais je ne me sentais pas digne d'une m telle faveur.

» J'entrai dans une maison de ban- » que; ah!... quelle différence! — Là, h les chefs donnaient l'exemple du tra- » vai.1. Depuis le premier commis jus- » qu'au dernier, chacun arrivait à huit » heures , restait au bureau jusqu'à » cinq, et y retournait à sept heures pour ») ne le quitter qu'à dix; et pendant ce » temps,. pas une minute de repos!....

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