‹ Soeur Anne (volume 4)Chapitre 5 sur 246 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

* sans cesse écrire ou calculer. Si par » hasard on se permettait la petite con- » versatiou , c'était alors en copiant une » lettre ou en ouvrant un compte. Point » de fêtes!... toujours des courriers à » recevoir, toujours des courriers qui » parient ! . . . Jamais on u'en faisait » trop !... et quand je quittais le bureau » quelques minutes avant dix heures 3 » un maudit Allemand, qui avait déjà » passé quarante-cinq années de sa vie » sur un grand-livre , me disait en ti- » rant sa montre : Fous être bien bressé » ce zoir.

» Ma foi, je n'ai pas pu y tenir ! . ... » Cette vie animale détruisait ma santé, » et un beau matin qu'on venait de me » donner une semonce parce que j'avais » été prendre une bavaroise au café » voisin, je pris mon chapeau et dis » adieu aux maisons de banque et de » commerce.

» Je voulus tâter du notaire , niais

» j'étais trop distrait : je faisais signer » un acte de décès pour un contrat de » mariage, et une procuration pour un » testament ; on m'engagea fort honnê- » tement à renoncer au notariat.

» J'entrai chez un vieil avoué. Ah!

» j'y fus assez bien pendant quelque » temps. Il avait une femme , déjà sur » le retour , qui aimait beaucoup la » promenade , et elle m'avait choisi *> pour son cavalier. Le mari , que cela » dispensait de promener sa femme , » trouvait fort bien que je l'accompa- » gnasse partout ; je crois qu'il m'aurait » nommé premier clerc, si j'avais voulu » m'engager à promener madame toute » ma vie. Mais je me lassai d'avoir )? toujours au bras une tournure à la » Pompadour et un visage de président » à mortier. Je cessai d'être assidu » près de madame; monsieur en prit » de l'humeur et me renvoya. O temps ! » ô mœurs!...

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